Syndrome de l’imposteur : test, résultats et solutions

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Je suis un “escroc involontaire” disait Albert Einstein de lui-même. Incroyable non ? Pas vraiment, si l’on sait que 70 % de la population a connu au moins une fois un épisode du syndrome de l’imposteur.

Avez-vous déjà eu l’impression de ne pas être à la hauteur de votre emploi ? De ne pas mériter les félicitations de votre entourage, de votre hiérarchie ?

Avez-vous déjà eu peur d’être démasqué ? Peur que les gens s’aperçoivent de votre manque de compétences ? Êtes-vous hanté par la peur de l’échec ?

Si vous répondez par l’affirmative à l’une de ces questions, vous êtes sans doute victime du syndrome de l’imposteur.

Nous proposons dans cet article une définition du syndrome imposteur, mais aussi des techniques pour y faire face.

Quelle que soit la fréquence ou la force de cette expérience, sachez que vous n’êtes pas seuls, bien au contraire.

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Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

En réalité, il ne s’agit pas d’un vraiment d’un syndrome, puisque ce n’est pas une maladie ou une pathologie. Les deux psychologues à l’origine de cette découverte préfèrent l’appeler expérience ou phénomène.

Pauline Rose Clance est une thérapeute américaine qui s’est aperçue que plusieurs de ses patients étudiants, bien qu’ayant d’excellents résultats, pensaient ne pas mériter leurs places à l’université. Certains pensaient même que leur admission résultait d’une erreur administrative.

Parallèlement, elle s’est rappelée avoir ressenti la même chose lorsqu’elle-même était étudiante. Avec sa collègue Suzanne Imes, elles sont les premières à théoriser ce phénomène dans les années 1970, que l’usage commun transforma en “syndrome de l’imposture”.

syndrome de l'imposteur au travail

On sait aujourd’hui que cette expérience assez dévalorisante touche au moins une fois 60 à 70 % de la population. Que toutes ces personnes sont touchées indépendamment de leur genre, de leur origine sociale ou de leur âge. On note cependant que les personnes appartenant à un groupe social sous-représenté ressentent ce phénomène plus régulièrement. 

Ce dernier point explique pourquoi on entend régulièrement dire que le syndrome l’imposture touche plus souvent les femmes. Ce n’est pas le cas, mais les femmes sont encore sous-représentées dans de nombreux aspects de la vie professionnelle.

Il n’y a d’ailleurs pas de mot pour imposteur au féminin.

On sait également que le syndrome de l’imposture n’a rien à voir avec la dépression, ni même un manque général de confiance en soi.

Si tous les types de carrières, à tous les niveaux peuvent être touchés par le syndrome, on constate que plus les succès s’accumulent, plus le syndrome se renforce. Autrement dit, les gens les plus brillants y sont les plus sensibles. D’ailleurs le profil syndrome de l’imposteur surdoué est assez courant. 

Comment se manifeste le syndrome de l’imposture ?

Les symptômes courants du phénomène de l’imposture sont généralement les suivants : 

  • Le sentiment de ne pas mériter sa place
  • L’impression que nos succès ne sont pas le résultat de nos compétences
  • La peur de l’échec
  • Un perfectionnisme contre-productif

Plus précisément, on répertorie trois profils d’imposteurs :

Profil n°1 : Je suis un imposteur

Ce profil a le sentiment d’être un imposteur au sens littéral du terme. C’est-à-dire qu’il pense n’avoir aucune des compétences requises pour assurer son poste, mériter son titre ou gérer les responsabilités qui lui sont confiées. Ce profil vit dans la peur d’être démasqué à tout moment, ce qui entraînera inévitablement une humiliation publique.

De fait, la personne est hantée par la peur de l’échec et même l’accumulation de ses réussites, loin de le rassurer, ne font qu’accentuer cette angoisse.

Au lieu d’interpréter les commentaires positifs, le succès des réalisations ou les promotions, comme preuves de la qualité de son travail, le profil imposteur se focalise sur l’aggravation de la méprise de son entourage. Et s’imagine donc qu’encore plus dure sera la chute. Ou la déception.

Profil n°2 : J’ai de la chance

Le deuxième type d’imposteur considère qu’il n’est pas lui-même responsable de ses réussites et qu’elles tiennent à des raisons extérieures.

Un coup de chance, l’intervention des autres ou une situation facilitée d’une manière ou d’une autre… bref, si la personne a pu mener à bien telle ou telle tâche, ce n’est absolument pas grâce à ses capacités ou à son talent, mais parce que les choses lui ont été facilitées.

Profil n°3 : Je travaille comme un acharné

Le troisième profil attribue ses succès uniquement à un travail acharné et non à ses talents naturels. Il est évident que n’importe quelle personne travaillant d’arrache-pied arrivera à un résultat satisfaisant.

Mais les victimes du syndrome des imposteurs sont du genre à faire plus d’heures que les autres, à travailler de chez eux et à tomber dans un perfectionnisme aigu. Alors qu’ils obtiendraient d’excellents résultats en travaillant normalement, ou en tout cas des résultats suffisants pour exécuter avec succès la tâche demandée.

sentiment d'imposture

Souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ?

Si vous avez régulièrement cette impression d’imposture, vous serez peut-être curieux de savoir si vous devez sérieusement vous préoccuper du problème ou non.
Il se trouve que le Dr Clance a mis au point un test du syndrome imposteur, dont voici la traduction. Pour chaque question, vous devez choisir une réponse parmi les suivantes :

Pas du tout vrai – Rarement – Parfois – Souvent – Totalement vrai

  1. J’ai souvent accompli avec succès un test ou une mission, en pensant que je n’en serai pas capable.
  2. Je peux donner l’impression d’être plus compétent(e) que je ne le suis.
  3. J’évite les évaluations autant que possible et j’ai peur du jugement des autres sur mes compétences.
  4. Lorsque les autres me félicitent pour mes accomplissements, j’ai peur de ne pas répondre à leurs attentes futures.
  5. Je pense que j’ai obtenu mon poste actuel ou mon succès parce que j’étais au bon endroit au bon moment ou que je connaissais les bonnes personnes.
  6. J’ai peur que les personnes auxquelles je suis attaché(e) s’aperçoivent que je suis moins talentueux(se) qu’ils ne le pensent.
  7. Je pense plus souvent aux situations dans lesquelles je n’ai pas donné le meilleur de moi-même qu’à celles où j’ai été le(a) plus performant(e).
  8. J’accomplis rarement un projet aussi bien que je le souhaiterais.
  9. Parfois, je pense que mon succès personnel ou professionnel est dû à une erreur.
  10. Il est difficile pour moi d’accepter les compliments ou de reconnaitre mon intelligence ou mes accomplissements.
  11. Parfois, je pense que mon succès est dû à la chance.
  12. Je suis déçu(e) par le bilan de mes accomplissements et je pense que j’aurais dû faire mieux ou plus.
  13. Je m’inquiète parfois de ce que certains découvrent mon manque de connaissances ou de capacités.
  14. J’ai souvent peur d’échouer à une nouvelle tâche alors que je suis généralement compétent(e) dans ce que je fais.
  15. Lorsque j’ai réussi quelque chose avec succès et reçu des félicitations, j’ai peur de ne pas pouvoir réitérer ce succès.
  16. Si je suis chaleureusement félicité(e) pour quelque chose que j’ai réalisé, j’ai tendance à en minimiser l’importance.
  17. Je me compare souvent aux autres et j’ai l’impression qu’ils sont meilleurs que moi.
  18. Souvent, je m’inquiète de ne pas réussir un projet ou une mission, même si tout le monde autour de moi est persuadé de mon succès.
  19. Si je m’apprête à recevoir une promotion ou une reconnaissance, j’hésite à en parler avant que cela ne soit certain.
  20. Je me sens mal et découragé(e) si je ne suis pas le(la) meilleur(e) ou au moins très spécial(e), dans des situations de réalisation.

Les réponses sont notées de 1 à 5 points. Faites vos comptes du test syndrome imposteur :

  • Moins de 40 points : votre taux de syndrome d’imposture est faible
  • Entre 40 et 60 points : votre taux est moyen
  • Entre 61 et 80 : élevé
  • Plus de 80 : intense

Plus le score du test syndrome imposteur est élevé, plus le sentiment d’imposture aura un réel impact sur votre vie. Dans tous les cas, il est grand temps d’apprendre comment avoir confiance en soi.

D’où vient le syndrome de l’imposteur ?

À ce jour, il n’y a pas d’origines claires ou définies. Certains thérapeutes pointent des erreurs d’éducation. Par exemple, le Dr Carol Dweck, psychologue américaine et professeure à Stanford, relève une tendance courante et bien intentionnée des parents, qui consiste à “labelliser” leurs enfants, en leur disant “Tu es intelligent”. Cette remarque laisse sous-entendre qu’on est intelligent ou qu’on ne l’est pas et qu’il n’y a donc pas matière à progresser.

Ainsi, au premier échec rencontré, l’enfant peut se dire qu’il n’est finalement pas intelligent et que ses parents se sont trompés.

Une autre explication tient plus aux rapports sociaux et à la question de l’homogénéité du groupe. La confiance en soi a tendance à s’affirmer pour chacun des membres d’un groupe homogène. À l’inverse, les personnes incarnant les membres minoritaires d’un groupe peuvent questionner leur légitimité à en faire partie.

Une troisième source d’apparition du syndrome imposteur peut se trouver dans une tendance à la comparaison et à la compétition.

De nombreuses personnes à la réussite éblouissante subissent des comparaisons toute leur leur vie. Elles portent une grande estime à ce principe de comparaison et aux conclusions qui en découlent. Ils ont donc une forte tendance à se comparer aux autres.

Sans surprise, la manœuvre est rarement à leur profit.

Syndrome de l’imposteur, comment s’en sortir ?

La bonne nouvelle c’est que ce phénomène n’est pas une maladie, donc pas une fatalité. Il existe plusieurs moyens de le combattre et de remonter son estime de soi.

syndrome imposteur test

Prenez du recul

L’expérience du syndrome de l’imposteur fait partie de ce que la coach de vie Clothilde Dusoulier appelle les croyances limitantes. C’est-à-dire des à priori négatifs nous concernant, parfois tellement ancrés en nous qu’on ne les voit même plus.

Par exemple, la peur de l’échec peut nous amener à éviter certaines situations trop risquées, là où d’autres verraient des opportunités. Beaucoup de personnes dans cette situation n’ont même pas conscience de leur peur.

Pour s’en débarrasser, un peu de recul est nécessaire afin de les identifier dès qu’elles se présentent.

Un simple pas de côté permet de minimiser le pouvoir de ces croyances, de les reconnaître en tant que telles et de comprendre qu’elles n’ont rien à voir avec nos capacités.

Faites le point sur vos succès

Comment avoir confiance en soi ? Écrivez ! L’écriture possède un fort pouvoir d’auto-persuasion. Faire une liste de vos succès et fiertés vous sera très utile pour tous les moments de doutes que vous pourriez connaître dans le futur. Même quand l’estime de soi est au plus bas, en cherchant bien, on trouve toujours quelques accomplissements dont on est fier. Faites preuve d’un peu de bienveillance envers vous-même. 

Il est important de prendre le temps de les écrire sur une feuille, car le cerveau intègre toujours mieux ce que nous écrivons.

Lors de votre prochaine crise d’imposture, si vous avez peur d’échouer ou si vous minimisez le résultat de votre succès, vous pourrez relire cette liste et y trouver du réconfort.

Comment gagner en légitimité ? Évaluez votre valeur

C’est un exercice psychologiquement difficile pour beaucoup de gens : établir sa valeur professionnelle de manière objective. Que vous soyez employé ou entrepreneur, c’est pourtant simple à faire.

Quel que soit votre poste, calculez l’apport de votre travail à votre entreprise.

Vendeur, combien de bénéfices apportez-vous ? Chef de projet, quels sont les budgets des projets que vous menez à bien ? RP, quels clients et combien de commandes ramenez-vous, etc.

Freelances, à combien se chiffre le retour sur investissement de vos clients ?

Entrepreneurs, quelle plus-value vos produits ou services apportent-ils à vos clients ? De combien avez-vous besoin pour vivre confortablement ?

Prenez également le temps de faire ces calculs précisément et vous vous apercevrez peut-être que vous n’êtes pas payé ou rémunéré à votre juste valeur.

Ce qui n’est pas très bon pour lutter contre le syndrome de l’imposteur ni pour l’estime de soi.

Posez-vous également un moment pour réfléchir à votre valeur professionnelle :

  • Quelles sont vos compétences ?
  • Qu’est-ce qui vous différencie des autres ?
  • Qu’est-ce que vos collègues, vos supérieurs hiérarchiques ou vos clients apprécient chez vous ?

Là encore, prenez le temps de noter ces conclusions sur une feuille, pour bien intégrer ces éléments. C’est nécessaire pour ensuite communiquer aisément sur votre valeur.

Plus vous y réfléchissez, plus vous communiquez sur le sujet, moins vous laissez la place aux pensées d’imposture.

Parlez-en autour de vous

C’est peut-être le plus difficile à faire et pourtant le plus libérateur. Comme nous l’avons dit, jusqu’à 70% de la population a déjà ressenti le syndrome de l’imposteur. C’est énorme. Par ailleurs, non seulement cette expérience n’a aucune corrélation avec vos capacités, mais elle a même tendance à toucher les plus brillants d’entre nous.

solution syndrome de l'imposteur

Mais l’effet dévalorisant du syndrome fonctionne de pair avec la sur-valorisation des autres. Il est donc difficile de concevoir que les autres, qui sont vus comme plus brillants, connaissent les mêmes doutes.

Le syndrome de l’imposteur est un sujet tabou et comme pour tous les sujets tabous, la parole est d’un grand réconfort pour l’estime de soi.

Les études indiquent qu’au-delà de 10 ans d’expérience, les effets du syndrome diminuent et après 20 ans, ils disparaissent la plupart du temps. Idéalement, ce sera donc au manager, au senior, au mentor, au professeur, d’aborder cette question auprès de son entourage professionnel. Les plus jeunes eux sont souvent très seuls, enfermés dans ces impressions négatives.

Si le syndrome se manifeste fréquemment, il peut véritablement entraver une carrière.

Concentrez-vous sur ce que vous faites

Un des grands problèmes des victimes du syndrome de l’imposture, c’est la tendance à se projeter sans arrêt dans le négatif. Si vous ne parvenez pas à imaginer vos objectifs et résultats de façon positive, alors concentrez-vous sur le moment présent.

Ce conseil est particulièrement valable pour les entrepreneurs. Surtout si c’est votre première expérience. Si vous ne croyez pas en votre légitimité, vous aurez du mal à vendre vos produits ou services, ce qui bien sûr alimentera vos peurs.

Découpez votre plan d’action en petites étapes, ne regardez pas trop devant vous. Osez entreprendre sans vous projeter.

Comment avoir confiance en soi : les outils

Il existe plusieurs outils ou livres intéressants pour en savoir plus sur le sujet et oser entreprendre. 

Meilleurs livres sur le syndrome de l’imposteur :

“Apprendre l’imperfection” de Tal Ben-Shahar

livre sur le syndrome de l'imposture

Tal Ben-Shahar est professeur et écrivain dans le domaine de la psychologie positive et du leadership. Il est professeur à Harvard et a publié plusieurs bestsellers sur le sujet. Il a également fondé l’entreprise de coaching Potentiallife.

“Les vertus de l’échec” de Charles Pépin

les vertus de l'échec

Charles Pepin est un philosophe et écrivain français, qui intervient régulièrement dans l’émission Grand bien vous fasse sur France Inter. Il est diplômé d’HEC et de Sciences Po. Il enseigne à l’institut d’études politiques de Paris et a rédigé plusieurs bestseller sur la confiance en soi.

Pourquoi un livre sur les échecs pour les imposteurs imaginaires ? Parce qu’ils ont tendance à se persuader qu’ils vont échouer. Autant relativiser l’échec pour alléger la pression.

Si vous parlez anglais :

“Presence : Bringing your Boldest Self to your Biggest Challenges” de Amy Cuddy

presence

L’auteure est une psychologue américaine, diplômée d’Harvard, connue pour sa théorie sur le langage corporel. Elle a publié plusieurs livres et présenté une conférence TED.

Ce livre traite principalement de prise de recul et conseille de travailler sur sa présence au monde, pour une prise de conscience, et donc un contrôle de ses sentiments.

“The Secret Thoughts of Successful Women” de Valerie Young

valerie young

Valerie est actuellement la spécialiste du syndrome de l’imposteur. Sur son site impostorsyndrome.com, elle traite de tous les aspects de ce phénomène. Dans son livre, également un best-seller, elle révèle les pensées du même genre, ressenties par des femmes talentueuses et qui connaissent la réussite.

Meilleurs podcasts sur le syndrome de l’imposteur

Émotions

Cette série de podcasts produite par Louie Media présente une émotion par épisode. Des exemples réels accompagnés de propos de spécialistes pour faire le tour de la question.

Change Ma Vie

Le podcast de Clothilde Dusoulier, évoquée plus haut. Elle a également réalisé un podcast syndrome de l’imposteur.

Chloé Bloom

Chloé est une entrepreneuse qui s’est lancée dans le coaching pour une vie plus saine et plus sereine. Sur sa chaîne YouTube, elle donne des conseils pour un mental plus calme, et notamment grâce à une vidéo sur le syndrome de l’imposteur.

Quel est votre bilan sur le syndrome de l’imposteur ? En avez-vous déjà ressenti les symptômes ? Connaissez-vous d’autres trucs pour le combattre ? Dites-le-nous en commentaire.

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